Nouveau: de très anciennes émissions de télévision refont surface
Petite planète
Quarante-cinq ans de journalisme, de voyages, de rencontres, de reportages, de photos, de bouquins. Et toujours la même passion pour la planète, de mon village jusqu'à l'autre bout du monde.
Peut-être n'aurais-je pas concrétisé ma passion du voyage sans la rencontre avec un homme, Maximilien Bruggmann. L'amitié aidant, nous avons ensemble publié une dizaine de livres, photos pour lui, textes pour moi. Il est de dix ans mon aîné. Ses dernières expéditions au Sahara datent de quelques années seulement mais aujourd'hui, la maladie le confine dans sa maison-musée, où il scanne une à une, pour la postérité, les photos sublimes de son parcours de voyageur esthète. Faites donc un détour sur le site des Amis de Maximilien ou sur son site personnel . Découvrez aussi son portrait en images .
Ferneysien fabriqué au Brésil et mis au monde à La Tronche (ça ne s'invente pas), j'avais certes de qui tenir. Mon père, mort voilà bien longtemps et dont l'absence m'a privé pour toujours d'un véritable puits de science. Et ma petite maman, qui vient de mourir à l'âge de cent ans, après avoit vécu plusieurs vies et autant de passions. Pour elle et pour tous ceux qui l'ont connue, un site :
Autre disparition, quelques semaines plus tard, celle de Catherine Wahli. Avec quelques fidèles (Jacques Neirynck, Daniel Stons...), nous l'avions épaulée, des années durant, au sein de l'émission qu'elle avait créée à la Télévision suisse romande, A Bon Entendeur.
Dans la série des mauvaises nouvelles, la mort de Bernard Thomas, journaliste au Canard Enchaîné. Nos vies avaient quelque peu divergé, ces dernières années. Reste le souvenir d'une rencontre particulièrement dense et d'amitiés savamment mitonnées, été après été, dans la maison de Bretagne où, jusqu'à l'aube, nous refaisions le monde autour de Bernard et de son intelligence rare. A l'intention de tous ceux qui l'ont connu - et des autres, je propose ici quelques images d'une époque révolue. Prenez aussi quelques minutes pour écouter le témoignage de Yann, son fils cadet, ressuscité d'une incommensurable tragédie.
Mais la vie continue. Hier encore, un nouveau bouquin et, pour demain, une grande brassée de nouveaux projets: un journal satirique local sur le ouèbe, une saga voltairienne appelée à durer vingt ans (!), le retour au Sahara sur les traces de Maximilien Bruggmann, des voyages en Argentine sur les traces des premiers émigrants savoyards, valaisans, piémontais...
Et aussi des montagnes d'archives. Carnets de voyage. Enregistrements sonores inédits. Photos sans pipole. Reportages vidéo de Terre de Feu jusqu'en Sibérie, en passant par le Cambodge, l'Alaska, Madagascar, la Russie, le Burkina Faso, la Chine, le Canada, le Népal, les Marquises, Rodrigues, la Bretagne, les Seychelles, le Sahara, la Mongolie, l'Irlande, la Roumanie...
Et Ferney-Voltaire. "Mon" village, tant il est vrai qu'aux antipodes, lorsque tombe la nuit et que vient la solitude, on a parfois besoin de se rattacher à quelque chose. A des êtres. Il en est au moins deux dans ma vie mais c'est là mon secret. A des lieux aussi. Ferney. Je n'y ai jamais vraiment vécu mais j'y suis toujours fourré. Le monde entier y est rassemblé. Plus de cent nationalités. L'ombre exigeante de Voltaire. La dentelle d'un passé qui s'effiloche sans pourtant s'éteindre. Les éclairs d'un avenir à construire. Inquiétant. Fascinant.
Au Chili, à Gorée, au Vietnam, au Groenland, au Soudan, il me fallait trouver un moyend'acheminer rapidement mes photos, mes articles. Le téléphone par satellite a rompu l'isolement mais il n'a pas aboli les contraintes techniques. On pouvait dicter un papier, transmettre un reportage audio. Ensuite, à condition de disposer d'un accès internet, il fut possible d'acheminer des photos. Les technologies évoluaient et je me disais qu'un jour, certainement, on pourrait se retrouver seul au milieu du désert, sans car de reportage, sans parabole, sans électricité, et diffuser en direct les images de l'instant...
Nous y sommes. L'image est désormais partout. La télévision aussi. Mais pour dire quoi? Piochant dans mes archives, j'ai le désagréable sentiment de dormir sur un trésor. Un trésor qui appartient à chacun autant qu'à moi: à ceux que j'ai rencontrés, interrogés, filmés au diable vauvert et qui n'ont pas pu "se" voir; à ceux qui ont vibré un jour en regardant, sur la TSR ou sur TV5, un reportage auquel je m'étais donné corps et âme; en relisant un de mes bouquins aujourd'hui introuvable; à ceux que je ne connais pas encore et que je brûle de connaître. Il me faut ranimer la flamme, renouer le lien avec la Terre des Hommes.
Les nouvelles technologies ne sont pas faites pour les chiens, ni réservées aux moins de vingt ans. Un blog, un site, une chaîne sur Youtube et le tour est joué. Nous allons nous parler. Nous allons nous répondre.
La porte est ouverte. Il ne reste qu'à construite la maison autour ! Déjà, quelques textes dépassent de la boîte à grimoires, quelques photos sont accrochées - virtuellement - aux murs et les premiers reportages passent en boucle. Soyez les bienvenus sur
Exposition 2009-2010 Des rencontres passionnantes
Carnets de route en Algérie, Roumanie, Russie, etc.
Catalogue complet des vidéos autour du monde