PROLONGATION !!!
Vous aviez été plusieurs centaines à visiter la modeste exposition (« Ma petite planète » ) que j’avais présentée, en décembre, à l’Office de Tourisme de Ferney-Voltaire. Soyez-en remerciés ! Ce succès a incité un groupe d’habitants à prolonger cette exposition dans une salle de leur propre quartier, chemin de Colovrex, toujours à Ferney.
J’ai accepté avec d’autant plus de plaisir que cette démarche devait permettre de nouvelles rencontres et que, les fêtes de fin d’année étant désormais derrière nous, il allait être possible à des groupes - et en particulier à des classes et à leurs enseignants – de découvrir cette petite planète qui m’a tant donné et à laquelle je tente aujourd’hui de rendre humblement hommage.
Nos amis de Contacts Cultures Cuisines ont accepté de concocter toutes sortes de spécialités à la manière d’ici et d’ailleurs. Quant aux habitants du quartier, nombre d’entre eux sont musiciens et nous ont apporté un peu de leurs traditions et beaucoup de leur âme. Aux côtés de nos hôtes, j'ai eu le plaisir de vous accueillir nombreux et de partager avec vous ces quelques instants d’émotion et de solidarité.
Retrouvez ci-dessous toutes les photos de l'exposition
Voyageur, pas photographe !
Je ne suis pas photographe. Voilà quarante-cinq ans que je bourlingue aux quatre coins de la planète. Comme journaliste, écrivain, cameraman ou réalisateur. Pour des livres, des journaux, des reportages de radio ou de télévision. Jamais comme photographe. La caméra, le microphone ou même un simple carnet de notes vous occupent déjà suffisamment les mains.
Pourtant, au fil de ces multiples tours du monde, j’ai toujours – ou presque – emporté dans mes bagages un appareil photo. Argentique pendant près de quatre décennies, numérique depuis quelques années. De plus en plus petit, de plus en plus sophistiqué mais pas forcément meilleur pour autant, c’est du moins ce que j’ai découvert en exhumant de mes archives quelques-uns des clichés destinés à cette exposition.
Oui, j’emportais un appareil photo dans mes bagages. Rolleiflex d’abord, puis Minolta, Canon, Nikon et, de plus en plus aujourd’hui, simple Sony tout plat, qui se glisse dans la poche et n’effarouche pas les humbles.
Cette exposition comporte une centaine de clichés. Pourcentage infime de ce qui dort dans le grenier. Comment choisir ? Comment partager ? Vous découvrirez d’abord quelques images du lieu sans lequel je ne serais peut-être jamais parti au bout de l’horizon : Ferney. D’une certaine manière, mon village est aussi ma famille. Lorsque je me trouvais isolé pour plusieurs mois aux antipodes, en des lieux où le téléphone ne passait pas et où le courrier prenait une éternité, je me demandais souvent quel temps il faisait ici, lesquels de mes compagnons de jeu étaient en train de beloter au Café du Soleil. Et comment certains d’entre eux, que je savais malades, résisteraient au mal pour me permettre de les retrouver, une dernière fois peut-être, à mon retour.
Vous découvrirez ensuite ceux et celles que je ne dévoile jamais. Ma femme Rodica, sans qui je serais sans doute déjà mort depuis longtemps ; mon fils Amalric, qui partage depuis toujours avec moi le frisson du voyage ; mon papa, décédé depuis longtemps, et ma maman, qui flirte aujourd’hui avec le siècle.
Ensuite, c’est au petit bonheur la chance. L’impétueuse magnificence du Sahara, les peines et les joies de l’Afrique sahélienne, les tressaillements sanglants du vaudou haïtien. Un peu plus loin, le monde fermé du cheval et des cavaliers, depuis les plaines du far-west jusqu’aux rivages de Camargue. Puis la Roumanie, ma patrie d’adoption, plus latine, plus chaleureuse, plus attirante et insupportable que notre bonne vieille France. Ce qui n’est pas peu dire.
Plus loin encore, la terre des hommes, terre de toutes les peines et de toutes les injustices. Enfants soldats, adultes bastonnés ou embastillés, idéologies meurtrières. Et la mort, justement. Ses cimetières joyeux, modestes ou inquiétants. Cette momie qu’un fellah déterra un jour, rien que pour moi, au beau milieu du désert libyque.
La mer, enfin. Liberté et prison à la fois. Traverser les océans sur un improbable trois-mâts, c’est découvrir l’infiniment bleu mais aussi l’infiniment petit, minuscule espace partagé avec quelques marins, éprouvante exiguïté d’une simple embarcation et patiente immensité de la grande bleue.
Le temps n’existe pas, seuls les événements comptent, se plaisait à dire Albert Einstein. Prenez donc un peu de votre temps pour aller au devant de tous ces événements que l’œil d’un photographe amateur a captés à la petite semaine, sans ordre véritable, sur cette petite planète qui nous donne tant et à qui nous rendons si peu.

Vive le Voltaire Noël !
C’était en hiver 1983, par un beau matin de Noël. Dans la nuit, quelques poètes alpinistes, inconnus et farceurs s’étaient hissés jusqu’au patriarche pour lui offrir barbe et houppelande. Un joyeux cadeau !

La vie de château
A l’été 2008, Manu Dibango est venu chanter les droits de l’homme devant des centaines de spectateurs assemblés debout devant le château de Voltaire, à qui ils semblaient adresser un affectueux salut par-delà les siècles.

Atchoum, fragment d’identité nationale
Dans l’histoire de Ferney, on compte deux philosophes. Voltaire, bien sûr. Mais aussi Atchoum. Venu du Maroc à la fleur de l’âge, il avait fait en France tous les travaux, poseur de rails, constructeur de routes, mijoteur de couscous, balayeur dans les rues de Ferney. Il était analphabète et savant à la fois. Philosophe ! Il nous manque !

La machine à goutte
Voilà plusieurs années maintenant que l’alambic ne s’arrête plus à Ferney. Plus assez de vergers et donc plus assez de pommes, poires, cerises, prunes et mirabelles. Les privilèges de bouilleur de cru disparaissent en même temps que leurs détenteurs. C’était hier et c’est déjà très loin.
La guinguette d’autrefois
En juin 2009, une caravane venue de nulle part s’est ouverte d’un seul pan sur la place du village et la musique a jailli. Les couples se sont mis à guincher. La guinguette reviendra-t-elle jamais ?

Le temps du petit rouge
Albert Desbiolles, torréfacteur à Ferney. Une fois par semaine, son café fraîchement grillé embaumait la rue de Versoix. Le reste du temps, « Pétole » partageait avec les habitués le vin, les jeux et l’âme café du Soleil .
Un philosophe en hiver
L'hiver 2008 fut assez imprévisible. Même Voltaire n'eut pas le temps de se mettre à l'abri...

Un modèle américain
Voici la plus étonnante machine du village, une motocyclette comme on n’en fait plus, sauf à Ferney (Dakota du Sud, Etats-Unis d’Amérique), minuscule bourgade du Middlewest où vivent 53 Ferneysiens, descendants d’émigrants saxons.

La prison de Ferney
Une prison à Ferney ? Avec gardien anglophone ? Non ! Ceci est l’ancienne geôle de nos lointains cousins américains.

Verre de contact
Jean Cogne fut, pendant des décennies, le fermier de la Paisible, à la sortie de Ferney, sur la route de Gex. Ce jour-là, il trinque en l’honneur du cochon qui vient de passer de vie à trépas et du boudin qui se prépare.

Terre des hommes et des enfants
En 1971, j’avais accompagné mon ami photographe de toujours, Maximilien Bruggmann, en Algérie. Au sud d’Adrar, sur la route qui mène à Tombouctou, nous avions pu offrir quelques crayons à cet enfant de Tamentit. 
Ma femme du monde
J’ai rencontré Rodica à Bucarest, en 1971. Ceausescu nous a ensuite séparés pendant près de vingt ans. Nous nous sommes retrouvés après la révolution de 1989, pour ne plus nous quitter. 
Mon petit cowboy à moi
Amalric avait six ans en 1989. Avec moi, mon fils découvrait l’Amérique. Aujourd’hui, il en a vingt-six, il pilote des avions et n’aura bientôt plus besoin de moi pour courir le monde.
Est-ce vraiment lui ?
Oui, c’est bien mon papa. Dix ans au moins avant ma naissance, entre la grande crise de 1929 et le Front populaire de 1936, le temps d’une escapade amoureuse en Italie. Il a disparu et je ne sais presque rien de lui. 
Le phénomène du siècle
Bon pied bon œil, pas vraiment ! Ma maman est presque aveugle et ne se déplace plus que sur fauteuil de bureau. A 99 ans, elle a choisi de vivre seule à l’ombre d’une pinède provençale, ne dédaigne pas la vie et ne craint pas la mort. 
Josef le ferrailleur
Homme du feu, l’ami Josef Heeb a passé les dernières semaines de sa vie dans une mansarde ferneysienne. Artiste forgeron, il avait en particulier sculpté le «Lion» de Carouge. 
Dieu fait homme
L’abbé Pierre à Esteville durant l’hiver 1998. Il nous y avait accueillis pour plusieurs jours, Rodica et moi. Tendresse et respect pour cet homme de Dieu, lumineux et infatigable. 
Les Carpates sur les bords de la Tamise
Elle se prénomme Claire à Londres et Sandra en Roumanie. Elle est notre nièce et notre source de joie. 
La statue du commandeur
François Mitterrand, qui était venu en secret visiter le château de Voltaire, m’a fait bien plus tard l’honneur de préfacer un de mes livres. La reconnaissance s’ajoute ainsi à l’admiration.
Herbe à chameau
Dans le désert, la plus petite brindille constitue déjà un festin de sagesse.
Le spectacle de l’immensité
Le Tassili n’Ajjer, un des plus beaux paysages du désert saharien, dans l’extrême sud algérien. 
Cérémonie au péristyle vaudou
Offrande aux loas (esprits) du vaudou lors d’une cérémonie rituelle en Haïti. 
Pour un sac de riz
En 1994, des paysans malgaches retroussent les manches pour reconstruire à mains nues les digues de leur rizière emportées par l’ouragan. 
Petit roi deviendra grand
L’allure et le regard feront un jour de cet enfant un des roitelets du Cameroun profond (région de Bafoussam, 2004) 
Le tap tap du bon dieu
En Haïti, tous les bus (tap-tap) sont décorés aux couleurs du bon dieu, de ses saints ou des esprits du vaudou. 
Paix armée
Façade d’une maisonnette de banco dans la région de Juba (sud du Soudan) en 1971. 
La vie, quelle vie ?
Un des rares survivants du génocide rwandais, sur la pelouse de son collège jonchée de restes humains (1994)
Rendez-vous avec la lune
Dans le désert algérien, un palmier implore la lune (2009)

Publicité pour Carrefour
L’artiste a choisi d’associer sur ce tap-tap haïtien le nom et l’adresse du constructeur et l’image du Créateur.

Les arbres du crépuscule
Près de Morondava (Madagascar), la plus belle allée de baobabs du monde.

Noces de sang
Après trois jours et trois nuits ponctuées de danses et de sacrifices d’animaux, le pourpoint blanc des prêtresses vaudou vire au rouge sang (Haïti, 1976) 
Hounsi au bain
Au cours d’une cérémonie secrète, une Housi (servante du vaudou) entre en transes lors du bain rituel (Souvenance, 1976) 
Silhouette du cowboy inconnu
Dans l’ouest canadien, le cowboy reste un homme solitaire et fier de l’être (Province de l’Alberta, Canada, 1989). 
En route vers Compostelle
Jean Jacques Danalet, l’ânesse Anaïs et le chien Boston, en route pour Saint-Jacques de Compostelle. J’avais fait précédemment le voyage avec eux, mais sans la carriole et sans Boston (Ferney, 2004). ^
Jour de ferrade
Les gardians des Saintes-Maries-de-la-Mer en ordre de marche pour aller débusquer les taurillons promis à la ferrade (Camargue, 2006) 
Duo improbable
Vision insolite d’un cowboy ramenant en croupe son confrère privé de cheval (Ouest canadien, 1989). 
Rodéo avec selle que j’aime
Saddle Bronc Riding, épreuve classique du rodéo américain, consistant à se maintenir en selle pendant 8 secondes sur le dos d’un cheval sauvage et indomptable (Medecine Hat, 1985) 
Ivresse de liberté
Mère et fils, deux chevaux sauvages sur une lande de l’ouest irlandais (1985). 
Le vrai rodéo
Le rodéo (du verbe espagnol rodear) consistait d’abord à encercler les troupeaux pour les mener vers des terres nouvelles… ou vers l’abattoir (Ouest canadien, 1989). 
Une vie de clown
Pour dissuader le taureau revanchard de revenir piétiner le cavalier désarçonné, des clowns athlètes évoluent sur la piste pour détourner son attention (Calgary Stampede, 1989). 
Même pas peur
Le Bull Riding, épreuve la plus périlleuse du rodéo américain, constitue traditionnellement le dernier chapitre de la journée (Cheyenne, Wyoming, 1989)
Pommes d’amour
Pays d’agriculture, la Roumanie est aussi une terre d’émotion et de partage (Transylvanie, 2005) ![]()
Roumanie à deux vitesses
Avec l’ouverture vers l’Europe, le cheval vapeur supplante peu à peu le canasson d’antan (Transylvanie, 2005).

Fierté villageoise
Chaque maison de village élève quelques animaux et dispose d’un poulailler donc le coq criard précède, dès l’aube, les cloches de l’église (Stremt, 1990)

Faucille et marteau
Après la révolution de décembre 1989, les étudiants roumains ont recouvert les murs de caricatures dénonçant par le rire les années de communisme et les risques du néo-communisme (Bucarest, janvier 1990). 

Le Génie des Carpates
Lorsque j’ai rencontré Ceausescu, en 1971, il n’était pas encore le dictateur des années sombres et l’Europe voyait encore en lui un rassurant réformateur.
La croix et la manière
La tombe de Ceausescu, exécuté par ses « juges », est marquée d’une simple croix (Bucarest, 2005).

La barbe du croque-mort
Sa barbe blanche de a fait de Gelu Voican Voiculescu le plus célèbre des « juges » ayant condamné à mort Nicolae Ceausescu. Voican reconnaît avoir ensuite enseveli le corps de Ceausescu dans une chape de béton mais ne dit toujours rien de son rôle lors de l’exécution (Tirgu Mures, 1990).
Le comte Dracula
De son vrai non Vlad Tepes, il fut certes un empaleur d’exception mais c’était la guerre et tous les moyens étaient bons…
Appel à la prière
Pour appeler à la prière ou à la messe, les religieuses des monastères roumains ont recours à la toaca, longue planche de bois sonore frappée à l’aide d’un simple maillet (Voronet, 2005).

Notre monastère de cœur
Au cœur des monts Apuseni, à deux pas du village de Stremt « adopté » par Ferney en 1989, le monastère de Rimet est notre préféré. Gheorghe, mon beau-père, y a déjà réservé sa place au cimetière.
Famille roumaine
La famille est le noyau dur de la Roumanie. C’était le seul refuge sûr au temps du communisme et c’est aujourd’hui, pour les gens modestes, la seule chance de survie.

Maréchal nous voilà
La vie rurale est restée très rudimentaire. Le maréchal-ferrant continue aujourd’hui à ferrer les chevaux et les bœufs grâce à cette folklorique installation (Stremt. 1990).

Doux comme un agneau
Pour les bergers de Transylvanie, le mouton est un repas, un vêtement et une compagnie.
Allons allons bergère !
La bergère, ses moutons et la meule de foin, spectacle habituel de la campagne roumaine (région du Maramures, 2005).

Km 0 de la démocratie
Peu après la révolution roumaine de 1989, lorsque Iliescu et ses amis tentèrent d’étouffer la démocratie, les étudiants décrétèrent la Place de l’Université « zone libre de néo-communisme ». Leur protestation pacifique s’est terminée dans le sang avec l’intervention des mineurs de charbon, appelés par ce même Iliescu.
Le chien et le moineau
Sur une des façades de l’église de Lednice (Moravie), le chien de pierre supporte un moineau de plumes (2005).
Soleil de Russie
Avant les premiers frimas de l’automne, la maison et le tournesol se tournent une dernière fois vers l’astre du jour (Vladimir, 2006).
Ma petite planète
Il manque encore un continent entier et pas mal d’autres contrées. Dans les années à venir, je devrai sans doute faire l’acquisition d’une nouvelle provision d’épingles…
Le monde en chiffres
A 4395 kilomètres de la Terre de Feu, la plaine argentine se frotte enfin aux premiers reliefs de la Cordillère des Andes (Province de Salta, 2005).

Entrée des artistes
C’était au temps où la publicité se faisait encore au pinceau (Atelier Zanoli, Ferney, années 1960)

Lénine est grand
Cette photo n’est pas un montage. Un Lénine de contreplaqué orne effectivement trois étages d’un palais de Leningrad. La Volga, lourde voiture soviétique, indique l’échelle… (Leningrad, 1971).

Ni fleurs ni couronnes
A l’entrée d’un des plus grands pénitenciers des Etats-Unis (Angola, Louisiane), un large panneau en noir et blanc montre les prisonniers, tous condamnés à perpétuité, partant pour le travail tandis que l’hôtesse d’accueil a orné son guichet d’un bouquet aux couleurs pimpantes… (Louisiane, 2009)
Derrière les grilles
Dans le nord de la Roumanie, la prison de Sighet fut une des plus dures du régime communiste. Des centaines d’intellectuels, de religieux et de paysans y sont morts. Leurs dépouilles étaient ensevelies, de nuit, dans un terrain vague (2005).

Quelques instants sans peur
Dans le sud du Soudan, l’interminable guerre civile a jeté des milliers d’enfants sur les routes. Certains ont retrouvé un toit. D’autres pas (Wau, 1972).

L’enfant, le cheval et l’espoir
Au temps d’Allende, à la gauche de la gauche, le MIR (Mouvement de la Gauche Révolutionnaire) organisait des « prises de terres » au profit des paysans les plus pauvres (Chili, 1972).

L’enfant au pistolet
Enfants de la guerre civile, les gamins d’Irlande du Nord, à quelque bord qu’ils appartiennent, manipulaient déjà leur pistolet jouet comme de vrais insurgés (Belfast, 1985)

Droits de l’Enfant
A bord du Vendredi 13, naviguant sur l’antique Route des Esclaves, les enfants de 1989 ont écrit sur la voile le but de leur voyage : les Droits de l’Enfant.

Avis de recherche
Mais où ai-je donc photographié ces gamines ? A ma grande honte, je ne sais plus. Au secours !

Arrête ton char !
En 1990, pour manifester leur solidarité, les Polonais de Solidarnosc avaient offert à leurs frères tchèques un char russe pris à l’Armée rouge. Un de ceux, peut-être, qui avaient envahi la Tchécoslovaquie en 1969… (Prague, 1990)

A la vie à la mort
Dans le désert libyque, un fellah exhume pour moi une momie plus vivante que nature (Oasis de Dakhla, Egypte, 1972).

Mon ami la momie
Gros plan sur ce qui nous attend tous, un jour prochain (Oasis de Dakhla, Egypte, 1972). 
Jeu d’échecs
Dans le cimetière à damiers de Morne-à-l’eau, un enfant se demande où ont bien pu disparaître ses ancêtres (Guadeloupe, 1988)
Drôle de mort
La mort peut être drôle. Les villageois de Sapinta (nord de la Roumanie) le prouvent depuis trois générations en offrant à leurs défunts des tombes polychromes chantant leurs vertus et leurs travers (Transylvanie, 2005).

Le sexe c’est la vie
Pour survivre à leur mort, les Badjau Laut, nomades de la mer, font ériger sur leur tombe de sable le dieu sexe à l’origine de toute vie (Île de Santa Cruz, Zamboanga, Philippines)

Poupée de cire, poupée de sang
Dans un cimetière de Guadeloupe, cette poupée vaudou rappelle que, même enfouies ou reniées, les origines africaines restent vivantes.
Le cercle des ancêtres disparus
Tombeau préhistorique dans le désert du Tassili (Région de Djanet, Algérie, 2009)
Cimetière calchaqui
Dans le Nord-ouest argentin, les Indiens Calchaquis reposent au revers des collines, à l’abri des vents, face au dieu soleil (Vallées Calchaquies, 2005)

Une orange sur ma tombe
Au pied de la montagne du Fuji San, la tombe d’un défunt porte les offrandes que des vivants renouvellent chaque jour (Cimetière catholique de Kawagoe Shi, Japon, 1979)

Au-delà des mers
Venus d’Inde pour remplacer les esclaves noirs rendus à la liberté, des milliers de coupeurs de canne se sont naguère installés dans l’est de la Guadeloupe. A Saint-François, ils disposent de leur propre cimetière (2004)
Chapeau bas !
Sur une modeste tombe de Roumanie, le dernier coup de chapeau des vivants à leur mort (Transylvanie, 2005).

Vertige
Juché sur une falaise de l’île d’Aran, un homme scrute l’océan. Comment est-il venu ? Quand repartira-t-il ? Mystère ! (Irlande, 1976)

Oiseau de mauvais augure
Comme les hommes, les oiseaux vivent de la mer mais en meurent parfois (Ile d’Aran, Irlande, 1973)

La profondeur d’être
Instant de grâce à la Fête des Brodeuses de Pont-l’Abbé (Bretagne, 1996)

Un océan de souvenirs
Dans un port de l’Ouest irlandais, la nostalgie d’un marin qui ne naviguera plus (Connemara, 1973)
En équilibre sur la mer
En Corse, la cité de Bonifacio surplombe la mer pour mieux contempler l’horizon. La maison appartient à la comédienne Marie-José Nat, née ici le 22 avril 1940 d'une mère bergère corse et d'un père militaire kabyle (2008).

Une ombre du souvenir
Une vieille Bretonne à la sortie de l’église (Pont-l’Abbé, 1993)

Kant Bro, Kant Giz
En Bretagne, il y a autant de villages (bro) que de coiffes (giz). La coiffe bigoudène, qui avait résisté aux déplacements à vélo, a disparu sous les assauts conjugués de la mobylette et de l’automobile (Pont-l’Abbé, 1993).

Druides et curés
Sur l’île de Sein, la croix chrétienne est arrivée bien après les pierres levées celtes et, aujourd’hui encore, elle ne parvient pas vraiment à leur hauteur (Sein, 1985)

Aux Marquises
Dans le cimetière d’Atuona, la tombe de Paul Gauguin jouxte celle de Jacques Brel. Il y souffle un perpétuel vent de liberté (Atuona, 1996)

Jeu de lézard
Sur la minuscule île de Petite-Terre, les lézards prolifèrent et se fondent dans la nature (Guadeloupe, 2005)

Cap sur l’espérance
En 1989, bicentenaire de la Révolution française et année de la Déclaration des droits de l’Enfant, j’avais navigué avec une quinzaine d’adolescentss venus des quatre coins du monde, sur l’antique Route des Esclaves, de Nantes à New-York en passant par Gorée et les Antilles.

Drôles d’oiseaux
L’empennage des avions de combat sur un porte-avion de la 6è Flotte américaine en Méditerranée (1971)

Le sable et la plume
L’éphémère d’une plume sur l’éternité d’un rivage.

Clair obscur
Dans un port d’Irlande, une mouette se mire dans les aux sombres en attendant la pitance jetée par quelques pêcheurs.

Message de Paix
Par les temps qui courent, le Messager de la Paix aurait encore bien à faire mais, franchement, il commence à fatiguer (Le Guilvinec, 1993)

Pointe des Châteaux
Extrémité orientale de la Guadeloupe, la pointe provoque les vagues et défie l’océan.

L’anse-à-l’âne
Les ânes sont des poètes qui s’ignorent. En voici un qui médite sur la grève irlandaise, loin des hommes et de leurs moqueries.

Fouette cocher !
Sur l’île d’Aran, voilà pas si longtemps, les voyageurs venus d’Irlande en bateau étaient accueillis par un fiacre noir, son cheval roublard et son cocher taiseux (1973).

Soleil noir
Le soleil se couche sur la Bretagne apaisée, tout près de la Baie des Trépassés.
Coucher de soleil sur le rio Uruguay
En 1857, ce fut la première vision de l’Eldorado pour une poignée d’émigrants savoyards partis à l’aventure vers une Argentine encore pratiquement déserte (Colon, 2005)

L’homme à l’oreille cadenassée
Au nord des Philippines, les Igorot coupeurs de têtes ne pouvaient autrefois se marier sans arborer à la ceinture la mâchoire bouillie d’un ennemi héréditaire. La technologie aidant, un cadenas à l’oreille peut désormais faire l’affaire (Bontoc, Philippines, 1972)
Merci d'avoir visité cette exposition jusqu'au dernier cliché. Si vous avez des remarques, des états d'âme, des questions ou des envies de partage, envoyez-moi donc un message: decotte@gmail.com .
A très bientôt !
Alex Décotte